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Madame Joëlle SOUFFIR

Le point de vue du kinésithérapeute

Madame Joëlle SOUFFIR : kinésithérapeutePar madame Joëlle SOUFFIR
masseur - kinésithérapeute
Paris - FRANCE.



Une des séquelles possibles de la prostatectomie radicale, à ciel ouvert ou sous cœlioscopie est l'incontinence urinaire.

Cette incontinence, qui est manifeste à l’ablation du sondage, à quelques jours de l’intervention impressionne beaucoup les patients, qui craignent qu’elle soit définitive.
Dans la grande majorité des cas, elle régresse et disparaît dans un délai de 4 à 6 mois.

Fréquemment, les fuites urinaires sont liées à l’effort (éternuement, verticalisation, port de charges…), mais aussi à la marche et à la station debout prolongée.

Une rééducation périnéale correctement conduite va contribuer à un avenir sans séquelles.

Certains chirurgiens prescrivent l’approche de cette rééducation avant même l’intervention.

Ce travail préventif aura plusieurs intérêts :

  • le patient va percevoir sa région pelvienne, comprendre et renforcer l’action des muscles élévateurs de l’anus, avant que le traumatisme chirurgical soit en cause;
  • il aura un interlocuteur de plus pour le rassurer, lui donner les explications et écouter ses inquiétudes et ses préoccupations, à un moment, où, souvent, cette perspective chirurgicale survient brutalement dans sa vie;
  • il bénéficiera d’une information sur les palliatifs et les protections adaptées à utiliser.

Le but de la rééducation est d’apprendre au patient à suppléer le déficit sphinctérien par un travail accru des élévateurs de l’anus, en attendant que la loge prostatique se « ré-habite » et joue de nouveau un rôle de résistance.
La musculature pelvienne est difficile à repérer et à utiliser ; dans un premier temps, l’électrostimulation permettra au patient de la localiser, de l’isoler des muscles voisins, puis de la renforcer.
Il sera sollicité pour «anticiper» activement tout effort par une contraction des élévateurs de l’anus, qui deviendra rapide et automatique.

L’évolution ira le plus souvent d’abord vers la disparition des fuites la nuit, puis elles n’apparaîtront que de plus en plus tard dans la journée, pour ne se produire ensuite qu’aux efforts isolés.
Leur volume diminuera progressivement et le patient sera amené à modifier en conséquence le recours aux protections.

Si l’incontinence persiste au delà de 3 mois, une cure d’électrostimulation pendant 2 à 3 mois sera bénéfique, le patient pouvant acquérir ou louer un stimulateur miniaturisé qu’il utilisera quotidiennement à son domicile.

Au cours de la rééducation, il lui sera demandé :

  • de faire un petit calendrier mictionnel afin d’harmoniser les apports hydriques et les mictions;
  • de signaler tout événement particulier, comme l’affaiblissement du débit urinaire, ou l’apparition d’une infection transitoire, l’un comme l’autre demandant l’arrêt momentané de la rééducation.

Lors de ce travail, la collaboration étroite entre le chirurgien, le médecin traitant et le kinésithérapeute sera fondamentale pour aider le patient à un rétablissement rapide.

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